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Tunisie : lancement du vote sur une Constitution controversée

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Un Tunisien trempe son doigt dans l'encre après avoir voté lors d'un référendum sur un projet de constitution présenté par le président du pays, dans un bureau de vote du district de l'Ariana, près de la capitale, le 25 juillet 2022. © (Photo par FETHI BELAID / AFP)

Les bureaux de vote ont ouvert très tôt ce lundi 25 juillet, en Tunisie. Le pays organise un référendum pour déterminer s’il convient d’accorder davantage de pouvoirs au président. Les opposants à ce projet craignent que ce nouveau document ne porte un coup majeur à la démocratie dans ce pays, berceau des révoltes du Printemps arabe de 2010-2011.

Le scrutin a débuté à 6h du matin, heure locale (5 heures GMT), dans quelque 11.000 bureaux de vote et devrait se terminer à 22h. Il intervient exactement un an après que Kaïs Saïed a renversé le gouvernement et suspendu le Parlement. Ces décisions avaient été prises au moment où la Tunisie luttait contre une flambée des contaminations à la Covid-19 et qu’elle faisait face à des crises politique et économique croissantes.

Le vote de ce lundi est, par ailleurs, considéré comme une évaluation de la popularité de Saïed. Selon la commission électorale de l’Instance supérieure indépendante pour les élections, près de 9,3 millions de personnes sur les 12 millions d’habitants de la Tunisie sont des civils âgés de plus de 18 ans. Ils ont choisi de voter ou ont été automatiquement enregistrés pour voter. Ces chiffres incluent environ 356.000 électeurs inscrits à l’étranger, et pour lesquels le scrutin a commencé samedi. De leur côté, les partis d’opposition et les groupes de la société civile ont appelé au boycott du référendum et ont accusé le président de tenter de transformer la Tunisie en une dictature.

Notons que Kaïs Saïed a entamé l’élaboration de cette nouvelle Constitution depuis plusieurs mois. Un projet a été publié dans ce sens dans le bulletin officiel du pays au début du mois de juillet.

Ce projet de Constitution confère au président le pouvoir de nommer et de limoger le gouvernement sans l’approbation du Parlement, ainsi que de nommer les juges, entre autres pouvoirs. Il lui permet aussi de présenter des projets de loi au Parlement, qui serait obligé de les prioriser.

Cette Constitution placerait également le chef de l’État au commandement suprême de l’armée, tout en rendant presque impossible sa destitution avant la fin de son mandat de cinq ans, soit avant 2024.

Enfin, s’il est approuvé par la majorité des suffrages exprimés, cette Constitution remplacerait celle de 2014 qui avait réduit les pouvoirs du président au profit du Parlement et du premier ministre. Cette dernière était le fruit d’un compromis durement acquis entre les forces islamistes et laïques, après trois ans d’agitation politique.

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