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Caricatures du prophète Mohammed : le dérapage de la France

Le Maroc a dénoncé à son tour la poursuite de la publication des caricatures insultant l’Islam et le prophète Mohammed en France. Dans un communiqué de presse, daté du dimanche 25 octobre, le ministère des Affaires étrangères a déploré que ces actes «reflètent le manque de maturité de leurs auteurs». Au niveau du monde arabe, plusieurs appels ont été lancés pour boycotter la France et les produits français. Ces appels interviennent suite aux dernières sorties médiatiques d’Emmanuel Marcon, président de la République, qui a martelé que «l’islam est en crise» lors de la cérémonie en hommage au professeur Samuel Patty.

Par H.L.B, Publié le 26/10/2020, mis à jour le 26/10/2020
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Caricatutres du prophète Mohammed : le dérapage de la France

Après la republication des caricatures insultant l’Islam et le prophète Mohammed du journal satirique Charlie Hebdo et leur projection sur les mûrs de bâtiments gouvernementaux en France, plusieurs pays musulmans ont réagi en exprimant leur indignation et leur colère. Ce dimanche 25 octobre, le ministère des Affaires étrangères (MAE) a également levé sa voix pour condamner ces actes qui «reflètent le manque de maturité de leurs auteurs». Selon la livraison de ce lundi 26 octobre de Le Matin, le MAE marocain a souligné dans un communiqué de presse que «la liberté d’expression ne saurait, sous aucun motif, justifier la provocation insultante et l’offense injurieuse de la religion musulmane». Et le Maroc, qui «condamne toutes les violences obscurantistes et barbares prétendument perpétrées au nom de l’islam», «s’élève contre ces provocations injurieuses des sacralités de la religion musulmane». Le département de Nasser Bourita a ainsi rejoint plusieurs autres pays arabes et musulmans en exhortant au discernement et au respect de l’altérité pour promouvoir la coexistence et le dialogue constructif entre les religions.

 

Appels au boycott

Cette condamnation fait suite non seulement à la republication des caricatures de Charlie Hebdo, mais également à l’assassinat du professeur Samuel Paty le 16 octobre 2020. Ce dernier a été décapité par un étudiant de 18 ans, originaire de Tchétchénie, pour avoir montré lesdites caricatures lors d’un cours sur la liberté d’expression. Cette affaire a poussé Emmanuel Macron, président de la France, à sortir de son silence. Il a ainsi déclaré lors de la cérémonie d’hommage à Samuel Paty que son pays s’engage à lutter contre le «séparatisme islamiste», martelant que «l’islam est en crise». Selon France 24, après ce discours, la colère contre la prévalence croissante de l’islamophobie en France a explosé dans le monde entier. Plusieurs pays musulmans ont même annoncé un boycott des produits français. La même source rapporte qu’en Arabie Saoudite, la plus grande économie du monde arabe, un hashtag appelant au boycott du supermarché français Carrefour était le deuxième plus tendance ce dimanche. Des appels similaires ont également été lancés par des groupes en Jordanie et au Qatar. De son côté, l’Organisation de coopération islamique (OCI) a dénoncé vendredi le meurtre brutal qui a secoué la France, mais a également critiqué la «justification du harcèlement de toute religion basé sur le blasphème au nom de la liberté d’expression».

 

La position de Macron

Pour sa part, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré ce dimanche dans un communiqué que «ces appels au boycott sont sans fondement et devraient cesser immédiatement, ainsi que toutes les attaques contre [notre] pays, qui sont poussées par une minorité radicale». Yabiladi indique ledit ministère a également déploré que «ces appels déforment les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine». Le même jour, Macron a lancé dans un tweet que la France ne cédera jamais face aux radicaux islamiques. Et de marteler : «Nous n’acceptons jamais les discours de haine et défendons le débat raisonnable».


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