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Les professionnels du transport refusent de reprendre leur activité

Le secteur du transport a été durement touché par la crise due au nouveau coronavirus, laissant plusieurs de ses acteurs sans emploi. Après plus de 3 mois d’arrêt d’activité dû au confinement, les professionnels du transport dénoncent des «conditions de reprise paralysantes» et refusent de reprendre malgré l'autorisation du ministère de l’Équipement et des Transports. Interpellé par les groupes parlementaires de la Chambre de conseillers, Abdelkader Amara, ministre de la tutelle, apporte ses clarifications.

Par Khansaa B., Publié le 26/06/2020, mis à jour le 26/06/2020
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Les professionnels du transport refusent la reprise d'activité

Ce mercredi 24 juin, les représentations professionnelles du secteur du transport de voyageurs ont annoncé leur refus de reprendre leur activité, malgré la décision du ministère de l’Équipement et des Transports qui les y autorise dans le cadre de l’allègement du confinement. Dans son édition de ce vendredi 26 juin, le quotidien Al Massae a rapporté que ces représentations estiment que les séances de négociations avec le chef du gouvernement n’ont pas abouti à des résultats concrets. Dans un communiqué, les sept organisations professionnelles ont exprimé conjointement leur frustration face aux nouvelles spécifications de travail, qu’elles considèrent comme des «conditions paralysantes». Elles réclament la révision de leur cahier des charges à la lumière du contexte actuel.

Pour rappel, plus tôt cette semaine, le ministère des Transports a annoncé la reprise des déplacements interurbains à partir du 25 juin dans les régions de la zone 1. Pour se rendre dans les régions de la zone 2, les voyageurs doivent être titulaires d’un certificat de travail justifiant leur déplacement ou d’une autorisation exceptionnelle délivrée par les autorités compétentes. Le ministère a également défini les mesures préventives que les entreprises doivent respecter afin de reprendre leurs activités. Les professionnels du transport ont été appelés à réduire de 50% leur capacité sans augmenter leurs prix. Le ministère a également précisé que les opérateurs du transport de passagers et de touristes doivent fournir des listes contenant les informations personnelles des passagers (le numéro d’identification, le nom et le numéro de téléphone) et l’archiver pendant une période d’au moins un mois. En vertu de cette exigence, les guichets des gares routières doivent établir trois exemplaires de listes. Le premier sera remis au directeur de la gare routière, le second au chauffeur de bus, tandis que le troisième sera conservé par le caissier.

Les sociétés de transport ont déclaré que ces conditions n’étaient pas favorables pour compenser la suspension d'activité de trois mois qui avait entraîné de lourdes pertes de revenus. Ils ont également dénoncé que travailler dans de telles conditions les empêche non seulement de remplir leurs obligations financières, mais également de maintenir l’emploi des travailleurs dans le secteur et les services vitaux liés aux transports. Les professionnels du transport ont ainsi contacté les autorités compétentes pour solliciter l’atténuation des mesures nouvellement établies tout en soulignant l’impossibilité de reprendre le travail dans ces conditions.

 

Amara, ministre des Transports, réagit

Pour Abdelkader Amara, ministre de la tutelle, qui affirme être «conscient des difficultés causées par ces mesures... qui restent nécessaires durant cette période, afin d’éviter les risques de nouveaux foyers de contamination», les cahiers des charges, «élaborés suite à des consultations avec les opérateurs», sont importants. Selon l’Économiste, Amara, interpellé par les groupes parlementaires de la Chambre de conseillers sur les mesures de relance de ce secteur, a expliqué par exemple que «les exigences de traçabilité permettront d’identifier rapidement les personnes en contact d’un cas positif». En ce qui concerne l’obligation de réduire la capacité à 50%, il a souligné qu’il est «impossible de faire marche arrière actuellement. Mais ce taux peut être augmenté en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique».


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